Tomber du ciel

Elle est tombée du ciel, c’était une belle journée !
Je suis tombé sur elle, l’avait-elle fait exprès ???
Lui ai demandé où elle rangeait ses ailes,
aurais voulu porter les mêmes, histoire de voler !
M’a dit de retomber sur Terre, qu’la vie y était belle,
là où j’étais né !
De tomber plutôt d’amour pour elle, que ça m’donnerait
des ailes, que seul c’la comptait !
Suis tombé alors d’accord avec elle, seulement ai oublié…
Qu’l’on pouvait tomber malade pour elle,
tomber de chagrin quand l’autre reprenait ses ailes,
tomber raide mort par une si belle journée…
Ce jour là, je suis tombé, c’est fou, de haut !
Aurais préféré tomber moi aussi du ciel,
avec mes ailes blanches et mon air tout beau !

Triptyque 180 x 80
technique mixte

L’emprise hitchcockienne

Ils ont surgi de nulle part
les oiseaux noirs camouflés.
Ils l’ont surprise par hasard
alors qu’elle ne pouvait lutter.

Par habitude, ses inquiétudes
l’avaient poussée dans ses tranchées.
De but en blanc, sa lassitude
l’a laissée seule et désarmée.

Les coups de bec plantés à sec
ont réveillé de vives plaies.
Le corps meurtri, le cœur avec,
dans la douleur se sont mêlés.

En pleine crise, elle somatise,
étire ses membres agressés.
Les oiseaux noirs lâchent leur prise,
elle ira mieux dans la journée.

toile 80 X 80 cm
technique mixte

Les messagers

La nuit qui tombe réveille en moi de tumultueuses pensées.
Le nez en l’air, je vous observe, je vois vos lampes allumées.

Dans la pénombre, je vous adresse un message à la volée.
Je n’attends rien, j’suis mon chemin, quand même un signe me plairait !

M’apercevez-vous sur ma planète, j’suis sur mes pointes toute dressée.
Que pensez-vous d’ma silhouette, possédez-vous aussi des pieds ?

Qu’importe, d’avance, je vous accepte, je m’sens toute prête à vous aimer !
Mes ch’veux s’éclairent de vos reflets, je vous envoie mes messagers.

J’me languis tant sur cette Terre, où grouillent les hommes et leurs armées.
Excusez-moi si j’vous embête, mes oiseaux blancs viennent en paix!

toile 80 X 80 cm
technique mixte

Le souffle de Jules Verne

Pouvoir rejoindre la montgolfière
dans sa course statique là-haut.
Pouvoir comme elle me gorger d’air
et m’envoler vers le plus beau.

Prendre avec moi la Terre entière
et l’emporter dans mon berceau.
Lâcher du lest, de la misère,
voler plus haut que les oiseaux.

Voguer très loin dans l’atmosphère,
nourrir sa flamme, voler sa peau.
Sentir mon âme forte et légère,
copier ses formes et son manteau.

C’est si jolie une montgolfière,
pleine de mystère et sans défauts.
Elle se déplace libre dans l’air,
autour du monde et sans fardeaux !

toile 80 X 80 cm
technique mixte

Accès privé

Petite sauvage, gentille toquée,
sors de ta bulle, cesse de rêver !
Tu voles toujours en décalage,
vas-tu finir par t’élever ?
Ouvre ta porte, lis tes messages,
prends rendez-vous, trie ton courrier !
On pourrait croire que tu planes,
rassure-moi, dis, c’est pas vrai ?
Regarde l’heure, mais c’est un drame,
le jour se lève, t’es pas couchée ?
Sur quelle planète tu te hasardes,
dans quel système t’es-tu noyée ?
Tu ne quittes plus ces marécages,
c’est pas sérieux, je suis peiné.
Que faire de toi, c’est sans remède,
c’est pas sur toi que j’peux compter !
Regarde-moi quand je te parle,
reviens sur Terre, on a sonné !
Replie tes ailes, laisse tes toiles
et ferme la porte de l’atelier…

toile 80 X 80 cm
technique mixte